Championnats du monde Ironman 70.3 Nice 2019

Un de mes rêves était de réussir à me qualifier pour les championnats du monde Ironman 70.3. J’ai accompli ce rêve en mai et je reviens tout juste de cette course tant convoitée ! J’ai encore un peu de mal à réaliser que j’ai participé à ces championnats du monde et que j’ai réussi à réaliser ce rêve. Tellement d’émotions !

Je partais à cette course accompagnée par mes parents et par mon amoureux mais je savais que bien d’autres personnes étaient derrière moi à commencer par mes sœurs et mes grands-mères. J’arrive à cette course avec l’ambition de passer la finish line de cette course. De base, quand je me suis qualifiée, je voulais effectuer la course de ma vie mais le plan a été perturbé par une triple blessure et donc par un volume et une intensité moindres lors des entrainements. Peu importe, je serai au départ de cette course, peu importe les moyens que j’aurai en mains. J’arrive donc à cette course sans pression (même si au fond je stressais de ne pas avoir la force physique pour finir cette course ou que mon corps me lâche durant la course) et je veux juste en profiter ! Comme beaucoup me l’ont dit, ça n’arrive pas tous les jours de participer aux championnats du monde.

Photo Nice

Les jours précédant la course, j’en prends plein les yeux avec l’ampleur de l’évènement, l’organisation etc. C’est juste magique ! Et puis, la ville est envahie par ces extraterrestres en short et t-shirt mais avec des drôles de chaussettes au niveau des mollets, des sacs souvenirs de course et puis des drôles de traces de bronzage. La ville est prise d’assaut par ces milliers de triathlètes qui arrivent de partout dans le monde. Il faut le vivre pour comprendre l’ampleur du truc. Je vivais un rêve éveillé. Je me suis tellement battue pour être là ! Mon mémoire ayant été défendu la veille de mon départ pour la France, je favorise la récupération les jours avant la course et juste l’un ou l’autre petit entrainement pour dérouiller les jambes. Le but est d’arriver fraîche le samedi sur la ligne de départ. Dossard retiré, vélo et sacs posés aux transitions, petites poses photo à certains spots, briefing et tout est prêt pour la course. Reste plus qu’à vernir les ongles et à faire les tresses. Au dodo !

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Réveil fort matinal (4h45) le jour de la course car malgré un départ à 8h19 pour mon groupe d’âge, le parc à transitions ferme à 7h au moment du départ des pros femmes et il faut encore que je checke le vélo. En effet, un gros orage a frappé après la pose du vélo au parc la veille et il faut donc laver un peu le système et regraisser tout. Puis, grande stressée comme je suis d’habitude, j’ai prévu une marge de temps suffisamment importante (un peu trop ^^). Tout est prêt au parc, il reste plus qu’à me préparer moi. Par contre, là, j’ai un peu mal calculé mon coup et je suis arrivée à la bourre dans mon sas de départ. Du coup, j’ai pris le départ assez loin dans ma vague. Pas grave, on ne va pas se stresser pour ça. Mon chrono ne démarrera que quand j’aurai passé le tapis de départ (départ en rolling-start par catégorie d’âge). Plus j’avance dans le sas et plus la pression monte. Ce sera bientôt à mon tour. Plus qu’une fille et j’y vais. Mon cœur bat vite. J’y suis ! Tuuuuuut ! Go go go ! La mer est assez calme par rapport à l’avant-veille quand j’ai été un peu tester la mer. Je gère mon rythme et j’essaye juste de prendre mon pied, d’en profiter (maître-mot du jour). Je dépasse beaucoup suite à mon départ lointain dans le sas mais je ne dois pas me battre, la mer est suffisamment large pour tout le monde 😉 Même aux bouées, c’est assez tranquille. Le parcours est triangulaire et une fois que j’attaque le premier virage pour effectuer la base du triangle, je me fais un peu emporter. Bon, ok, ce ne sera peut-être pas aussi facile que ce que je pensais. Le courant nous emporte au large et il faut un peu lutter pour rester dans notre trajectoire. D’ailleurs, je vois beaucoup de filles qui divaguent un peu. Ha oui, j’ai oublié de vous dire ! La course est exclusivement féminine ! La course des mecs a lieu le dimanche. C’est vraiment le pied. C’est super agréable car l’air de rien, même si je suis plutôt du genre à me battre pour me faire ma place dans l’eau, ben une fille c’est plus délicat dans l’eau qu’un mec, beaucoup moins bourre-dedans. Puis, c’est tellement symbolique d’avoir une journée dédiée aux filles comme ça ! Je suis une adepte de ce système (peut-être serais-je un peu féministe ? 😉 ). Pour en revenir à ma course, je me sens plutôt bien dans l’eau, j’ai un bon rythme et puis je me sens tellement à ma place. Par contre, la combinaison était autorisée et je l’ai mise comme la plupart des filles mais j’ai eu un peu trop chaud. J’ai quelques doutes sur la température annoncée par l’organisation… Mais bon, c’est fait et je fais une belle partie natation donc voilà ! Je cours vers la transition, un gars de l’organisation m’enlève ma combi (première fois de ma vie que je vois ça et ça n’a pas vraiment fonctionné pour moi, j’ai eu l’impression que le gars était en train de me la déchirer et j’y ai perdu du temps, mais pour les personnes qui ont souvent des problèmes pour la retirer, c’est plutôt une bonne solution) puis hop, on chope le sac et je me prépare pour partir rouler. Je file chercher la bécane et je pars. C’est un peu embouteillages sur la Promenade des Anglais mais le trafic se fluidifie un peu. Après une petite dizaine de kilomètres, on attaque la première difficulté : c’est un enchainement de bosses assez raides et de descentes. Pour reprendre les mots d’un athlète, c’était un peu des montagnes russes. J’ai déjà vu beaucoup de filles souffrir dans ces bosses. Est-ce qu’elles savent qu’elles vont devoir grimper le col de Vence, long d’un peu plus de 9km ? En effet, presque toutes les filles ont leur vélo de CLM et j’ai l’impression que beaucoup n’ont pas le braquet adapté pour le parcours vallonné qui nous attend. Tant pis pour elles hein. Moi, j’ai choisi le vélo classique et je suis bien contente de mon choix ! Je me sens vraiment bien ! Le col est là et je dépasse la blinde de monde ! Je me sens voler. Ça fait vraiment du bien car j’ai pourtant l’impression d’habitude de ne pas être une bonne grimpeuse mais là, je me sens pousser des ailes. Par contre, une fois qu’on attaque la descente, je me fais dépasser par des avions de chasse. Je prenais quelques risques au début de la descente mais j’ai vite été refroidie quand j’ai vu une fille étendue au sol et inconsciente. Je m’en fous de perdre quelques minutes dans cette descente car je ne joue pas de classement. Et même si c’était le cas, que valent quelques minutes par rapport à une vie ? La descente est vraiment technique et parfois un peu dangereuse mais il suffit d’être conscient des risques et d’être prudent. Je n’ai aucun stress dans cette descente. Comme quoi les remarques de certains athlètes envers les organisateurs sont déplacées car c’est aux athlètes d’être prudents et j’estime qu’aucun risque inutile n’a été pris par les organisateurs. Le parcours est juste magnifique en plus ! Impossible à décrire tellement les paysages étaient oufissimes. Je vous invite à aller faire un tour à vélo dans la région. C’est juste waw ! Par rapport à la course, je continue à faire mon petit bout de chemin, je profite. Malgré les douleurs aux genoux qui sont très vite apparues, je fais abstraction pour profiter. J’ai pris l’habitude de m’entrainer en ayant mal donc j’y parviens assez facilement. Profiter, profiter, profiter ! Je reviens le long de la mer. Plus que 7km sur les 91 et je pose le vélo. Les encouragements se font plus nombreux. Je pose mon vélo, j’enfile mes chaussures et c’est parti pour la course à pied (2 allers-retours sur la Prom’). De suite, aïe, mon genou me fait vraiment souffrir. Je commence à stresser, je veux passer cette ligne ! Alors que je repense à ce qui a été dit dans le briefing : vous pouvez courir, marcher ou ramper pendant la course à pied. S’il le faut, je ramperai 😉 Puis je vois les membres de ma famille et ça remet du baume au cœur. J’essaye de maintenir un rythme que je savais pouvoir tenir avant mes blessures. Mais après 5km, je n’y arrive déjà plus. Donc je mets la limite basse de 12 km/h. Je ne peux pas courir plus lentement que ça ! Et j’arrive à m’y tenir. Je dépasse beaucoup de monde mais certaines me dépassent aussi. Il fait chaud mais une fois de plus, l’organisation est top ! 6 ravitos par tour donc plus ou moins 1 ravitaillement tous les 1,5km. En plus, l’eau était fraiche et il y avait de la glace ! Vraiment tout ce qu’il faut pour ne pas avoir trop chaud. C’était vraiment top ! Merci aux organisateurs ! 1 tour effectué. Plus que 10km et tu y es. Finalement, les douleurs diminuent un peu et sont moins aigues. Mais je sens que je manque de jus suite à une course à pied qui a été très peu présente dans ma prépa. Allez, plus que 5km. Mais ça devient vraiment dur. Puis je vois au loin cette ligne approcher. Je vois ma famille et je ne peux retenir mes larmes. J’y suis, j’ai réussi ! Malgré tous mes pépins physiques dont je ne suis pas encore débarrassée, j’ai réussi à atteindre cette finish line. Et le must, c’est que j’ai profité un max ! C’était magique, indescriptible : UNIQUE, HISTORIQUE, LÉGENDAIRE comme dirait le speaker. Et puis, que vois-je ? Ma performance n’est pas si mal finalement, j’ai plutôt bien fait ça ! Quel bonheur ! J’ai encore les larmes aux yeux en vous écrivant mon histoire. Je termine donc finalement 75ème de ma catégorie sur presque 200 arrivées et top 500 femme sur plus de 2200 inscrites ! Je suis heureuse 🙂

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Je suis déjà tellement nostalgique ! Ca me donne juste envie de me battre pour récupérer au plus vite et pour soigner mes bobos afin de vite être de retour sur la ligne de départ pour me battre pour une nouvelle qualification. Ce ne sera peut-être pas pour l’année prochaine vu que les championnats du monde auront lieu en Nouvelle-Zélande, un peu chéro et grosse logistique à mettre en place. Mais, un nouvel objectif est déjà fixé pour 2020 : les championnats du monde Middle Distance Challenge qui se dérouleront le 31 mai 2020 à Samorin, en Slovaquie ! Maintenant, place au repos physique et mental !

 

Suite à cet évènement, je remercie toutes les personnes qui étaient à mes côtés et qui ont cru en moi. Et puis toutes celles qui ont accepté mon choix de courir cette course malgré mes blessures (même si elles savaient que c’était risqué). Merci à mon coach, à mon médecin, au kiné qui s’est occupé de ma réathlétisation. Merci également au club et surtout au président du club pour le soutien logistique entre autres. Merci aussi aux sponsors (ARENA, Overstim’s, BV Sports, CBD, Cube, Want You Bike). Mais surtout, je voudrais remercier chaleureusement ma famille, en particulier mes parents et mes sœurs qui ont fait plein de sacrifices pour moi et qui m’ont soutenue dans tous mes choix. Et merci de tout cœur à mon amoureux, présent à mes côtés, peu importe la situation et mon choix. Merci à tous ❤

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